vendredi 2 décembre 2011
Tristan Avaliani
Il est l'un des espoirs du judo français. D'origine géorgienne, arrivé en France en 2005, Tristan Avaliani vient de participer aux Mondiaux de Judo juniors en Afrique du Sud. Il nous raconte son parcours et nous livre ses impressions sur son ascension, fulgurante.
Quand et dans quelles conditions avez-vous commencé le judo ?
J'ai commencé le judo quand j'avais 8 ans, en Géorgie. Mon père a été notamment sacré Champion du Monde de sambo (art martial et sport de combat russe, mélange de judo et de lutte). J'étais fasciné par ses nombreuses médailles. Il m'a fait rencontrer son ancien entraineur, et j'ai décidé d'essayer. Au début, je m'entrainais plus ou moins sérieusement. Et puis quand j'ai commencé la compétition, la motivation a grandi et j'ai pris confiance en moi. J'ai terminé 3ème à mon premier Championnat de Géorgie, en catégorie benjamin.
Comment s'est passée votre arrivée en France ?
Avec ma famille, nous sommes arrivés en juillet 2005. Les trois ou quatre premiers mois ont été particulièrement difficiles, notamment parce que nous n'étions pas très bien logés. Mes parents ont été formidables. Ils m'ont encouragé à poursuivre le judo. J'étais ami avec le fils d'une famille tchétchène qu'ils connaissaient bien, il s'entrainait au club de Niort. Je l'ai suivi. Je m'y suis beaucoup investi. En plus des deux entrainements hebdomadaires (insuffisants pour progresser, selon moi), je suivais les cours des seniors. Je courais aussi avec mon frère, pour me maintenir en forme. En minime, j'ai commencé à tout gagner. Quand je suis passé cadet, des structures sportives se sont intéressées à moi. Après mon Brevet (obtenu avec mention "assez bien"), j'ai rejoint le Pôle Espoir de Poitiers. L'entrée en sport étude a représenté un enjeu supplémentaire pour moi (en plus de l'enjeu sportif), car il fallait parler français. Des amis venaient souvent à la maison pour m'aider, l'apprentissage de la langue été très compliqué, mais j'ai réussi.
Quelle a été votre progression par la suite ?
En cadet 1, j'ai décroché la 3ème place en Championnat de France, avant d'obtenir le titre, en 2008. Je n'ai pas pu rejoindre l'équipe de France cette année là, car il fallait résider en France depuis au moins 5 ans et avoir plus de 18 ans. Je n'ai été nationalisé que cette année (il y a 6 mois environ). J'ai intégré le Pôle France d'Orléans (il en existe quatre en tout). 2011 a été une année déterminante pour moi. J'ai été vainqueur du Tournoi International de Pologne. J'ai aussi été sélectionné pour le Championnat d'Europe en Belgique (mais j'ai perdu au 1er tour contre un Azerbaïdjanais) et pour le Championnat du Monde juniors (où j'ai perdu en 8ème de finale). Il me reste une 3ème et dernière année avant de passer dans la catégorie sénior.
Quel bilan faites-vous de votre participation à ces grands événements ?
Tout est allé super vite pour moi. Maintenant, je sais comment ça se passe lors des grands Championnats. Je serai mieux préparé pour la suite. Je tiens d'ailleurs à remercier tout le monde de m'avoir encouragé, et particulièrement le Judo Club de Niort, qui m'a facilité l'accès au Pôle Espoir et au Pôle France, et m'aidant à trouver une bourse pour suivre mes études et vivre en internat.
Quelques mots sur votre coatch, Anthony Mortini ?
Il a commencé à s'occuper de moi début 2008, quand je suis passé cadet 2. Je rêvais d'avoir un entraineur qui me suive de près. Il m'a fait progresser. Avec lui, j'ai trouvé le souffle qui me manquait par exemple, grâce un gros travail de cardio. C'est plus qu'un entraineur pour moi. Il connaît très bien ma famille, et moi la sienne. Nous sommes amis.
Avec le recul, que vous a transmis votre père, en vous initiant au judo ?
Des valeurs essentielles : le courage et le respect. Des valeurs qui sont aussi celles que m'inspire ma famille. Enfant, je voulais être comme mon père, j'ai toujours admiré sa personnalité, sa force.
Quelles sont, à votre avis, vos principales qualités aujourd'hui, en tant que judoka ?
Physiquement, je me débrouille bien. J'ai beaucoup travaillé pour acquérir cette force. Mais mon principal atout, c'est mon explosivité. Je démarre vite dans les actions. Sur le plan technique, j'enchaîne facilement, droite / gauche. C'est assez rare, je crois.
Que visez-vous, aujourd'hui ?
Actuellement, je me repose, dans l'attente de la reprise des tournois. Je participerai peut-être à ceux de Nantes et Aix-en-Provence. Ensuite, j'aimerais évidemment décrocher une médaille aux Championnats d'Europe et du Monde de 2012.
Et les Jeux Olympiques 2016, au Brésil ?
J'y pense tous les jours ! Je pense que je suis encore un peu jeune pour 2012, mais les JO 2016, c'est pour moi l'objectif absolu. 2016, ce sera mon année ! (sourire)
Le palmarès de Tristan Avaliani
2011
- Sélectionné en équipe de France junior pour les Championnats d'Europe et du Monde juniors
- Vainqueur du Tournoi de Pologne juniors
- Vice-champion de France junior
2008
- Champion de France cadets
- Champion de France UNSS cadets
Interview réalisée par Delphine Bordes CG 79.